En résumé, le joystick connu ses lettres de noblesse en 1977 grâce à l’Atari 2600,
mais disparu du monde des consoles avec l’arrivée de la NES et de son joypad en 1983... Le joystick n’est pas mort pour autant, mais il a suivi un autre
chemin... ou plutôt deux autres chemins, que nous verrons plus tard.
Une des raisons de son déclin provisoire était sans doute que contrairement au joypad, qui ne demande aucun effort de préhension, les joysticks qui devaient être
manipulés avec une main pendant que l’autre soutenait la base (tout en actionnant le bouton situé au dessus), provoquait beaucoup plus de fatigue et de crampe sur le long terme.
Afin d’éviter se désagrément, on a cherché à modifier l’aspect de cette base et la position des boutons :
- Une poignée qui permettait de la serrer avec le poing et une gâchette pour l'index, prise en main style arme à feu donc, tel le Space Age ou le Quickjoy.
- Une base plus allongée et des boutons latéraux, avec par exemple l'Atari 7800 ou la Sega Mark 1, qui permet de le tenir
"en pince" et d'appuyer avec l'index et/ou le pouce.
- Ou une forme qui épouse parfaitement le creux de la main avec les boutons situés en dessous, comme sur le fameux Speedking de
Konix.
Finalement la meilleure solution était toute autre, mais avant d’en parler, revenons à ce célèbre joystick Atari 2600.
On peut le considérer comme le père spirituel des joysticks actuels car, grâce à des modules d’extensions, il a donné naissance aux deux standards existant aujourd’hui, qui sont pourtant
totalement différent : le stick arcade et le joystick PC.
Comme son manche était assez dur, les « hardcore gamers » de l’époque éprouvaient des difficultés lors des longues séances de jeux.
Le Grabber, une boule venant se fixer au sommet soulageait un peu les chevronnés en leur donnant plus de prise et donc plus de
force…
... malheureusement cela augmentait aussi la fermeté avec laquelle la base du stick devait être maintenue, donnant des crampes à l’autre main.
Le Stick Stand, socle dans le quel on emboîtait le joystick, apportait la solution en élargissant la base et permettant de la
poser.
Le Stick Stand et le Grabber ainsi combinés, se rapprochent des sticks arcade… et là était la solution : plutôt que de chercher une bonne prise en main pour la base, il fallait suppprimer
cette contrainte, créer une base assez large pour ne PAS devoir la tenir, pouvoir la poser et garder les mains libres pour manipuler le stick et les boutons.
Malheureusement le bouton est situé à gauche du stick, car à l’époque on jouait généralement avec la main droite, pendant que la gauche tenait la base et appuyait sur les boutons.
Le Control Stick de Sega sur Master System avait d'ailleurs été prévu comme ça.
Puis la tendance s’inversa rapidement avec par exemple le NES Advantage qui était un des premiers à proposer une si large base, de larges boutons, ainsi qu’une grande robustesse, nouvelle qualité indispensable pour ce
type de contrôleur et l’usage qu’on en fait.
Un autre précurseur était sans doute le control panel de la Vectrex (1982),
qui ressemble à "une mini borne" avec son écran incorporé, bien que son stick n'ait pas de boule et est analogique, car mieux adapté à ses graphismes en 3D
vectoriel.
Mais les fans d’arcade veulent absolument retrouver les vraies sensations des bornes sur leur console, certains achètent des sticks du commerce, comme le
Real Arcade Stick de Hori. Si vous voulez votre premier stick arcade, voici un lien avec tout ce qu'il faut savoir :
link "Acheter un
Stick Arcade pour les Nuls".
D’autres modifient ou fabriquent entièrement leurs sticks avec des pièces détachées prévues pour les bornes d’arcade, le top étant les marques
Sanwa et Seimitsu pour les composants comme les boutons et les sticks. Pour les pros tout a son
importance : style américain avec un stick poire et des boutons concaves, ou style japonais qui possède un stick boule et des boutons légèrement convexes. Les
microswitchs très importants également: des mini capteurs de contact qui permettent des mouvements ultra rapides et très précis, nécessaires dans les versus fighting ou les shoot’em
up.
Enfin, les plus fanatiques achètent directement des bornes pour jouer chez eux (à lire : Arcade ).
Mais revenons encore au joystick 2600.
Son autre problème était le nombre de boutons, c'est vrai qu'un seul bouton limitait fortement le gameplay des jeux. Apparu alors le Booster Grip ; une
poignée qui s’enfilait sur le stick (... arrête de rire bêtement, gros cochon), elle ajoute ainsi deux boutons : un sur le sommet pour le pouce et l’autre en gâchette pour
l’index.
On cherchait également la meilleure forme pour la poignée, il y a eu des hybrides avec une boule arcade mais surmontée d’un bouton, d’autres proposaient des manches
interchangeables, comme la gamme Wico.
Concernant la base, des joysticks d’époque ont apporté les ventouses, autre solution pour ne pas devoir la maintenir en place soi-même.
1990 - Commodore 64 GS.
Le Commodore 64 est un ordinateur
sorti en 1982 qui diposait évidemment du classic joystick pour l'époque, par contre le fait étonnant est qu'il est resorti en 1990 avec le même hardware mais sous la forme d'une
console. Nommé C64 GS pour "Game System", ils ont choisi de garder également le même vieux joystick, alors que sur
consoles les manettes ont depuis longtemps le monople.
Aujourd’hui ce type de joysticks ont évolué vers les sticks PC destinés pricipalement aux simulateurs de vol. Ces simulations devenant toujours
plus poussées et plus pointues, les joysticks se devaient de suivre et se sont peu à peu complexifiés, proposant toujours plus de paramètres, de boutons et de possibilités… à l’opposé du
plaisir arcade « instantané ».
Aujourd’hui ils comportent beaucoup plus de boutons, sont analogiques, peuvent pivoter sur eux même, possèdent un mini stick au sommet du principal… quand ils ne
sont pas accompagné d’un module supplémentaires.
FighterStick de CH Products.
Actuellement la marque Saitek en fait de très bon :
Ici accompagné d'un module supplémentaire.
Cela vous paraît évident aujourd’hui, mais finalement, plutôt que de chercher une prise en main ergonomique à cette base, la solution était d'en fournir une suffisamment grande et lourde dans le
cas de l’arcade, ou pourvu de ventouses dans le cas des PC, pour NE PAS devoir la tenir en main justement, pouvoir la poser sur une table ou sur les genoux et garder les 2 mains libres pour
jouer.
Les premiers joysticks ont ainsi progresser vers deux formes distinctes, destiné à des jeux spécifiques et apportant des sensations totalement différentes.
Aujourd’hui il reste quand même des adeptes des ces vieux joysticks consoles, en atteste par exemple le Retro Stick XLA sur XBOX 360 (malheureusement de
mauvaise qualité), des reproductions d'anciens modèles avec prise USB... et d'autres choses encore : voir le dossier Retro Pad .
Il existe des centaines d'autres joysticks arcade, console ou PC, tous ceux qu'on vient de voir ne sont que des exemples, c'était juste un aperçu des principales innovations, tendances et prises
en main.